Jouer dans les bois (et appeler ça travailler)
- Chemins sauvages
- 21 juin
- 3 min de lecture

Une semaine entière à jouer dans les bois ! Oui, oui, à jouer ! Et le plus beau, c’est que c’était parfaitement officiel.
Pendant une semaine, 22 personnes (11 binômes) venues de Suisse, de France, d’Italie, de Belgique, d’Angleterre, d’Allemagne, et même de Mongolie, se sont appliquées avec un sérieux tout professionnel à ramasser du bois mort, déplacer des branches, tresser des herbes ou de longues tiges, et passer des heures à se demander : « Et si on essayait comme ça ? ».
Franchement, il existe des métiers bien plus ennuyeux.
Quelle chance d’avoir pu vivre cette aventure ! Une expérience renversante qui m’a ouvert les portes d’un univers dont j’ignorais presque tout. Je dois cette opportunité à la vannière et artiste Yann-Marie, qui m’a proposé de l’épauler dans cette douce folie.
Notre terrain de jeu ? Un recoin de forêt, traversé par un ruisseau et bordé d’une petite mare dans laquelle ont croassé les grenouilles durant toute notre installation, qui, il faut le dire, s’est réalisée certains jours sous une pluie battante. Qu’à cela ne tienne ! Nous avons commencé par ramasser du bois mort et le transformer en bras de rivière, puis tressé par-dessus de longs entrelacs de saule… matière soigneusement cultivée, récoltée, triée et préparée en amont par Yann-Marie, sans oublier le transport : 100 kg d’osier ficelé sur un toit de voiture depuis le village de Gruffy dans le massif des Bauges, jusqu’à Grindelwald au pied de l’Eiger. Merci, Yann-Marie !!
En quelques jours, le sous-bois s'est peuplé de créations toutes plus étonnantes les unes que les autres. Rien, ou presque, n'était prévu à l'avance. Chaque œuvre est née du dialogue entre un lieu, des mains, et ce que la nature voulait bien offrir.
Moralité ? Si quelqu'un vous surprend un jour à transformer une forêt en terrain de jeu, dites simplement que vous êtes en résidence artistique. Ça sonne tout de suite plus crédible !
À quelques mètres de notre rivière de saule, d'autres univers prenaient forme, dont voici quelques images. Les descriptions détaillées de ces œuvres sont à découvrir sur la page web du Festival. Et en cliquant sur le nom des artistes, partez à la découverte de leurs univers : poétiques, démesurés, sensibles, déjantés, merveilleux, improbables… Tous ont quelque chose à raconter.
La grande sphère en épicéa, par Inge Lager et Brigitta Backhaus (Allemagne)
Les tresses d’herbes de Onongua Enkhtur et Ulziibat Enkhtur (Mongolie)
Les colonnes organiques de Valerie Schürch et Ivo Moosberger (Suisse)
L’arche de Jean-Louis Müller et Julie Verschelde (Belgique)
Les 2 oiseaux, de Mark Antony et Rebecca Ford (Grande-Bretagne)
Le tapis volant de Sally Ducrow et Walter Fischer (Grande-Bretagne)
La femme enceinte de Molby et Mario Battisti (Italie)
La structure flottante de Sarah Hillebrecht et Georg Mann (Allemagne)
Les troncs couverts de mousse par Yvonne Christen Vágner et Jan Vágner (Suisse)
Les structures de Heidi Bernet et Erwin Bernhard (Suisse)
Et quelques souvenirs de la visite guidée en forme de "vernissage" le dernier jour suivi d'un apéro festif !
Mais le mieux reste encore d'aller se promener à Grindelwald et de découvrir ces installations avec tous ses sens. Elles resteront là aussi longtemps que la nature le décidera, jusqu'à ce que le vent, la pluie, la neige, les mousses et le temps les reprennent doucement. Un mois, un an ou davantage ? Nul ne le sait.
Si vous passez par l’Office du tourisme de Grindelwald près de la gare, demandez la brochure qui décrit œuvres et artistes, puis sautez dans le bus 121 en direction de « Grindelwald, Oberer Gletscher » et descendez au terminus (« Oberer Gletscher »). Si vous venez en voiture, visez le parking du Wetterhorn. De là, il ne vous restera plus qu'à suivre les panneaux : les installations se nichent en contrebas du chemin « Ufem Brendli » , sur environ 300 mètres.
Attention : cette balade pourrait provoquer des envies soudaines de jouer dans les bois.
Un immense merci à Marianne Scheitlin-Pfeiffer, à David Birri et à l'équipe des médias sociaux de l'Office du Tourisme de Grindelwald pour leurs magnifiques photos, qui permettent de prolonger un peu la magie de cette semaine.

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PS : et merci les copines pour la visite surprise et la nuit en forêt improvisée :-D

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